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Témoignage vidéo

Evaluer les risques dans un SSIAD

Le SSIAD Loire et Mauges témoigne de l'importance d'évaluer, avec les salariés, les risques professionnels et de tout l'intérêt de cette démarche. Une vidéo et un entretien sont proposés ici.

Pour visionner la vidéo, cliquez ici !

M. BUTON, présentez-nous votre établissement !
Je dirige le SSIAD Loire et Mauges qui emploie 44 salariés. Nous assurons les soins à domicile quotidiens de 105 personnes malades, âgées et handicapées sur le bassin de plusieurs communes dont Orée d’Anjou, Montrevault sur Evre et Mauges sur Loire. Notre équipe se compose majoritairement d’aides-soignants (29 titulaires et 7 remplaçants fidélisés), mais compte aussi 4 infirmières coordinatrices, une secrétaire comptable/assistante ressources humaines, une animatrice, un agent d’entretien et un directeur.

Quelle place occupe l’évaluation des risques professionnels dans votre organisation ?
En 2010, à l’occasion d’un changement d’équipe dirigeante, nous avons constaté que le document unique qui existait était très réduit et surtout que les conditions de travail du personnel devraient être mieux prises en compte face à l’évolution des besoins des patients. Or le métier du soin à domicile est très exigeant physiquement et mentalement. Les aides-soignants avaient souvent l’impression d’être coincés entre des familles qui ne sont pas toujours convaincues des nécessités d’aménager les lieux de vie ou d’investir, dans un lit médicalisé par exemple, et d’une coordination donnant l’impression de céder trop souvent, le temps de l’acceptation. Cela pesait sur la motivation et la résistance physique de tous. Nous avons donc monté un projet pour réfléchir sur ce sujet des conditions de travail et nous sommes partis de l’évaluation des risques, c’est à dire la remise à jour du document unique. Un groupe de travail a été constitué. Des axes de travail en sont sortis : l’importance pour l’équipe de direction d’avoir un discours clair auprès des familles pour casser cette impression de devoir toujours négocier avec elles, puis l’importance de former les salariés au PRAP.

Quels risques sont apparus comme majeurs ?
Plusieurs risques sont ressortis de ce travail comme devant être pris en compte rapidement. Tout d’abord, les risques liés aux manutentions manuelles, ce qui fait le lien avec mon propos concernant l’équipement des domiciles. Puis, le risque routier, dont on voit dans le reportage vidéo que nous l’avons abordé par la mise à disposition de véhicules neufs à chaque aide-soignant, à utiliser depuis chez soi afin d’éviter des déplacements inutiles au siège. Enfin les risques psycho-sociaux, qui sont difficiles à prévenir mais que nous gérons au mieux en proposant des temps d’échange réguliers (une fois par semaine en équipe) et 4 fois par an, des séances avec un psychosociologue.

Cette évaluation des risques est-elle un atout ?
Clairement. D’abord nous avons bénéficié d’une sorte de cercle vertueux car en lançant cette démarche, nous avons pu justifier auprès de l’ARS qui est notre tutelle, de nos besoins sur ces sujets. Nous avons donc pu accéder à des crédits qui au départ n’étaient pas destinés à des SSIAD (mais à des EHPAD) pour créer des ateliers école du dos, davantage de formations PRAP, l’achat de matériel non remboursés comme des draps de glisse ou des ceintures de transferts, et amorcer les séances avec le psychosociologue que j’évoquais précédemment. Notre demande a été jugée crédible parce que nous avions fait ce travail collectif d’évaluation des risques. Par ailleurs, notre investissement sur ce sujet des conditions de travail crée une ambiance très positive dans le SSIAD, notre personnel est fidèle et nous avons des candidatures spontanées régulières, dans un métier pourtant difficile.

Estimez-vous avoir terminé votre travail ?
Evidemment non, l’intérêt de cette démarche est de la recommencer et de la poursuivre, en permanence. Elle rejoint aujourd’hui notre démarche globale de meilleure qualité de vie au travail : nous avons par exemple reclarifié la construction de nos plannings de travail en fonction des désidératas individuels des salariés (autre activité professionnelle, besoins familiaux, sports et loisirs), et mis en place des cours de gym pilates avec exercices de respiration et de gainage, adaptés aux inscrits volontaires. Et nous venons récemment d’adopter un nouveau format pour notre document unique dans lequel nous interrogeons aussi notre degré de maitrise des risques. Cela soulève de nouvelles questions.

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